Emmanuel Jamin, un doctorant sur le projet PhantomWalk

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Rencontre avec Emmanuel Jamin, coordonnateur de projet – doctorant, dans le cadre du projet PhantomWalk à l’Institut Régional de Réadaptation. Il travaille pour trois ans à l’UGECAM Nord-Est , dans le cadre d’un projet financé par l’Agence de financement de la recherche (ANR) et une convention industrielle de formation par la recherche (CIFRE). Il  vient de recevoir un prix, lors de la 21e Journée de l’École Doctorale des Sciences du Mouvement.

Emmanuel Jamin, vous êtes en train de faire votre thèse au sein de l’Institut Régional de Réadaptation de Nancy. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Ma thèse porte sur les sensations fantômes que ressentent les amputés de membres inférieurs. Plus spécifiquement, j’essaye de quantifier les effets des sensations fantômes sur la marche, qu’elles soient positives ou négatives. Est-ce que les sensations fantômes, qui sont en grande majorité non douloureuses, peuvent influencer la marche ? Par exemple, est-ce que le fait de ressentir des picotements au niveau du pied amputé, peut aider la personne à mouvoir sa prothèse d’une meilleure manière ?

Je termine cette première année de recherche qui doit se dérouler sur trois ans, le temps du financement obtenu.

D’où vient le projet ?

C’est un projet qui regroupe l’IRR, l’Université du mouvement à Marseille et plusieurs centres de réadaptation en France.

Je l’ai découvert en Master 2. Je devais faire un stage de six mois dans la recherche et je l’ai fait ici, à l’IRR, sur ce projet de PhantomWalk. Ça s’est super bien passé et l’IRR m’a proposé de rester et de faire ma thèse sur le sujet car ils avaient obtenu un financement pour ce projet.

Concrètement, comment se passe la recherche ?

En premier lieu, je cherche des informations de base dans la littérature en ligne.

Après on construit des protocoles de recherche basés sur les hypothèses qui ressortent de cette recherche.

Je m’appuie sur les nombreuses ressources de l’IRR, qui dispose de beaucoup de moyens. On peut citer notamment le laboratoire du mouvement qui permet de faire des mesures, d’évaluer et de quantifier ces sensations afin d’en montrer l’impact positif sur la marche.

L’UGECAM Nord-Est s’est doté d’une cellule Recherche et innovation. Quel impact cela a-t-il sur la recherche ?

Je pense que c’est vraiment positif pour la recherche. La cellule permet de piloter les projets. Les idées viennent des thérapeutes et la cellule capitalise dessus : elle rédige des protocoles et publications  et guide les thérapeutes...

Je suis le seul doctorant qui travaille directement dans un centre où je suis en contact direct avec les équipes de santé.

Dernièrement, vous avez présenté un article lors de la 21e Journée de l’École Doctorale des Sciences du Mouvement (JED 2026) d'Aix-Marseille Université. Vous y avez obtenu un prix ?

Oui .J'ai eu l'opportunité d'y présenter mon tout premier article, intitulé : "Phantom sensations as an intrinsic mechanism for restoring lower-limb somatosensory feedback during prosthetic gait : study protocol". L'article est actuellement en cours d'évaluation par les pairs, mais le preprint est d'ores et déjà accessible sur HAL. Acronyme HAL à développer

C’est avec une immense fierté que j'ai reçu le Prix du Jury pour cette communication ! Le prix récompense tant la solidité du fond de l’article que la forme qu’ils nous avaient demandé de vulgariser.