Cœur de femme.
Bienvenue dans notre podcast Cœur de femme
consacré à la santé cardiovasculaire
au féminin.
Je m'appelle Mathilde Minier,
je suis cardiologue et je suis accompagnée
d'une de mes patientes, Andelka Batsere.
Épisode trois : Le parcours de soins
et la réadaptation.
Comment vit-on
avec une maladie cardiovasculaire ?
Comment accepter une maladie chronique ?
Que devient la vie après ?
Qu'est ce qu'on peut mettre en place
au quotidien ?
Et surtout
comment reprendre le contrôle de sa vie ?
Et puis à quoi sert la réadaptation ?
Qu'est-ce que c'est ?
Dans ce troisième épisode,
nous avons pris le temps
d'échanger sur la vie d'Andelka.
Après ce diagnostic,
ce qui a changé pour elle,
ce qu'elle a mis en place
dans son quotidien,
ce que lui a apporté la réadaptation
et quelle a été la suite de son parcours.
Est-ce que vous pouvez
un peu décrire
comment s'est passé votre séjour ?
En quoi ça consiste ?
Ici ? Moi à l'époque
c'était l'hospitalisation du jour,
mais à la journée,
enfin la première fois,
c'était la réadaptation à l'effort.
On réapprend à notre cœur
à fonctionner différemment,
à fournir un petit effort.
C'était vélo
le matin, j'ai pas kiffé du tout !
Et après, il y avait des exercices de gymnastique
divers et variés, la marche l'après-midi.
Ça c'était chouette parce que je me suis
rendue compte que j'avais progressé.
Découverte de la marche nordique.
Et puis
les ateliers.
sur la diététique,
sur le stress,
sur l'activité
physique, sur les médicaments.
Parce que là aussi
on en avale pas mal quand même.
Une prise en charge entière
et globale. Complètement pris en charge
en fait. On est porté et ça fonctionne
tant qu'on est là...
C'est l'après qui est plus compliqué.
Oui, c'est vrai que c'est vraiment global.
L'idée c'est qu'on remette l'activité
physique en place, ou on la remette en place
d'ailleurs,
parce que parfois elle ne l'est pas,
mais qu'on mette le pied à l'étrier dans
des bonnes conditions, sous surveillance
et qu'on regarde un peu ce qui se passe
pour donner le goût éventuellement,
et enfin pas éventuellement, d'ailleurs
pour donner le goût
et puis qu'on trouve quelque chose
qui nous plaisent pour la suite.
Et l'idée, c'est vraiment qu'on
prenne en charge
les choses globalement, c'est à dire qu'il
y a ce côté activité physique,
il y a ce côté éducation thérapeutique,
donc vraiment les ateliers en groupe
pour essayer d'expliquer un peu tout ça
et comment vous allez faire, vous,
pour vous en débrouiller au quotidien,
parce que c'est vous qui allez effectivement repartir
avec tout ça, votre bagage
et puis devoir le gérer.
Et il y a aussi tout le côté
effectivement
la prise en charge avec la diététicienne,
la psychologue,
il y a le cardiologue, bien sûr.
L'idée, c'est vraiment
qu'on essaie de faire le tour
pour essayer de pallier à ce
qu'on disait tout à l'heure, ce qui n'a
pas forcément été fait au départ
parce que ce n'est
ni le moment ni les lieux,
mais pour qu'ensuite
vous ayez toutes les clés
pour que ça se passe bien.
On sait que venir en réadaptation,
en disait tout à l'heure,
les femmes viennent moins
pour plein de raisons,
parce qu'elles sont moins adressées,
parce qu'elles ne veulent pas trop venir,
parce qu'elles ont la maison à gérer,
comme vous le disiez.
Concrètement,
les études qui l’ont prouvé, c'est ça :
Elle avait autre chose à faire
que de s'occuper d'elle.
Donc, en fait,
il fallait qu'elle rentre à la maison,
puisque tout le monde comptait sur elle.
Donc elle ne pouvait pas venir, il y a plein
de biais comme ça, de censure,
un peu des deux côtés d'ailleurs,
qui font qu'on voit moins les femmes.
Souvent les gens,
les hommes qui sont à l'éducation
thérapeutique me disent
pourquoi on est contre nous ?
Parce qu'en fait elles ne sont pas là.
C'est pas qu'elles.
Enfin, on l'a vu avec les chiffres
que j'ai donnés tout à l'heure.
Le but, c'est de ne pas donner trop
de chiffres parce que c'est vite barbant.
Mais elles sont là, en fait,
elles sont malades.
Enfin, vous êtes là,
je veux dire, c'est pas parce qu'on
ne les voit pas autour de la table
que ça n'existe pas, malheureusement.
C'est juste qu'elle ne viennent pas
jusqu'à la réadaptation.
Mais on sait que, en tout cas, de venir,
ça réduit la mortalité, la récidive.
Donc, vraiment, c'est
quelque chose qui est important
et ça fait partie des choses qu'il
va falloir qu'on réussisse un peu mieux,
justement, à ce sujet.
C'était pas une proposition
qu'on m'avait faite, pas du tout.
C'est.
Il a fallu en fait,
Du coup,
au cinquième stent, c'est
mon cardiologue qui m'a dit,
ça serait pas mal que vous le fassiez,
mais quand même
de dire attention,
les délais sont extrêmement long.
Donc finalement, on vous met des freins
avant même qu'on ait essayé.
Et pour le coup
j'ai dit bah tant pis, je m'inscris.
Alors moi en effet,
j'avais plus d'enfants à charge
donc c'était plus facile de me libérer.
Mais il y avait quand même le travail.
La réaction de c'est de dire ben
attention,
les délais sont longs, oui, pas de souci,
mais j'y vais parce que c'est pour moi,
c'est vrai.
C'est difficile parce qu'on sait
que, effectivement, il faut adresser.
Mais la réalité des choses fait
qu'on est de moins en moins nombreuses.
Je parle pour les cardiologues
ou en tout cas en réadaptation,
enfin partout,
mais d'autant en réadaptation.
Et donc on sait qu'on a des délais
qui nous même nous font un peu pâlir,
mais qu'il faut,
je pense que c'est bien de le signaler
quand même,
parce que parfois les gens se disent
quand est-ce qu'ils m'appellent,
en fait ils ne m'appellent pas,
pourquoi ils m'appellent pas ? Qu'est-ce qui se passe ? Ils m'ont oublié ?
Non, on ne vous a pas oublié.
Ça peut arriver bien sûr,
mais généralement on essaie de ne pas oublier.
En tout cas,
le circuit est assez bien fait.
Mais il n'empêche que voilà, on est trop
peu nombreux et nombreuses.
Nombreuses parce qu'on est que des filles
nous maintenant.
Mais c'est vrai que je pense qu'il
faut quand même prévenir
parce qu'on sait que
il y a un risque de déception.
Puis vous le disiez,
il faut aussi s'organiser.
Il y a le travail,
on est en arrêt de travail potentiellement
quand on est réadaptation, mais enfin
faut quand même prévenir son employeur,
il faut aussi prévenir la famille
et tout ça, ça s'organise.
Et quand on ne sait pas quand est-ce
qu'on va vous appeler,
si c'est dans un mois ou dans six mois,
c'est difficile.
Mais pour l'instant c'est vrai
qu'on fait au mieux.
Mais, c'est un peu, les contraintes font que...
Je pense
qu'en même bien de prévenir.
Pour revenir à la maladie,
à quel moment vous avez compris
que c'était une maladie chronique ?
Ici parce que
même si ça s'est produit
à plusieurs reprises
la pause des stents,
ici, lors des ateliers,
j'ai vraiment compris que c'était,
au premier passage ici,
au deuxième, j'ai appris d'autres choses,
mais oui, ce serait de toute façon à vie
et que il fallait que je vive avec ça,
mais que je vis bien avec ça.
Aujourd'hui, j'ai fait plein de choses,
peut être que je n'aurais pas fait avant
et j'en suis
fière de ça et.
Et on est malade mais on est vivant.
Et ça je tiens à le souligner puisque on a
plein de choses à faire - et bien vivant -
et bien vivre, c'est ça le but.
C'est vrai que souvent quand on fait
le premier atelier du cycle,
c'est sur la maladie et on aime bien.
Enfin voilà, une des notions clés,
c'est le fait
que ce soit une maladie chronique, ce qui
surprend souvent quasiment la totalité
des patients parce qu'on leur
a pas dit et que c'est des mots forts,
et c'est des mots qu'on n'a pas entendu.
Et souvent, au contraire,
on est plutôt dans les patients
sont plutôt dans la dynamique de se dire
ok, l'artère était bouchée,
on l'a débouchée, on a mis un stent,
souvent le cardiologue qui a fait ça
en plus, il vous dit c'est super,
on a réussi à déboucher l'artère,
un peu comme si les choses étaient
résolues et on passe à autre chose
et c'est bon, le stent, ça c'est fait,
et puis voilà, c’est derrière nous quoi.
Et c'est vrai que nous,
quand on arrive en disant
premier atelier, bon bah en fait,
vous êtes malade pour toujours.
Souvent, on voit les gens se décomposer
un peu, et puis dorment souvent
pas très bien la nuit suivant l'atelier.
On le sait.
Et le but ce n'est vraiment pas
de plomber le moral de tout le monde.
Mais l'idée c'est d'avoir conscience
que cette maladie, elle est là.
C'est à dire que les artères, ok,
on les a débouchées pour ce qui était
vraiment trop encrassé,
maintenant on ne les a pas remise à neuf,
On n'a pas tout refait le réseau
tout nickel. Donc
il y a ça, et le fait qu'on n’ait pu aussi
laisser éventuellement des lésions
qui étaient ce qu'on
appelle intermédiaire,
c'est à dire des artères
qui nécessitaient pas
qu'on mette du matériel dedans,
mais pour autant qui nécessitent
qu'on s'en occupe d'une autre façon,
avec les médicaments,
avec l'activité physique.
Donc, il peut y avoir ça.
Et puis il y a le fait aussi
que les patients sont jeunes,
vous êtes jeune,
vous allez vieillir,
donc les artères vont potentiellement
s'encrasser parce qu'avec l'âge, voilà,
forcément, il y a un peu d'encrassement.
Et l'idée c'est de se dire OK, la maladie
elle est là, il faut tout faire
pour qu'elle s'arrête là.
Et effectivement,
comme vous le disiez très bien,
c'est vous qui avez les clés en main.
Toutes les clés,
c'est vous qui les avez.
Et le message d'après,
c'est de dire effectivement,
la vie elle continue et elle continue
bien.
Et le but, ce n'est pas de vivre un peu au
rabais en disant voilà, je suis malade.
Moi je dis souvent la maladie chronique,
elle n'est pas écrit sur votre tête déjà.
Alors ça peut avoir ses inconvénients,
comme vous le disiez tout à l'heure.
C'est dire que les gens ne savent pas,
donc parfois comprennent moins.
Mais d'un autre côté, vous pouvez vivre.
Ce n'est pas écrit.
Enfin, si vous avez envie d'en parler,
vous pouvez en fonction
de comment ça va être reçu,
mais vous êtes aussi vous
et il va y avoir des changements,
y avoir des ajustements,
mais la vie continue et le but c'est
qu'elle continue le mieux possible.
Donc ça, c'est important quand même.
Et dans votre parcours, je crois aussi
qu'il y a eu des.
AIT
Oui, il y en a eu
deux, peut être trois, deux sûr.
Alors ça en revanche, je n'étais absolument
pas préparée et je ne sais pas
en fait, je n'arrive pas à me rappeler
si on en avait parlé à l'époque,
mais du coup
ils sont arrivés avant que je vienne faire
mon dernier séjour ici l'an dernier.
Et oui, j'ai fait un AIT,
Je n'avais absolument pas conscience
que c'était en lien avec
la maladie cardiovasculaire.
Après en effet
tout s'emboîte, c'est logique
mais je n'avais pas fait le lien et l’AIT
Oui c'est de l'accident ischémique transitoire,
ça peut être le premier stade
avant l'AVC entre guillemets.
Et j'en ai fait un oui je voyais,
j'ai pas compris ce qui m'arrivait,
je voyais la moitié, la moitié,
enfin j'avais une vision coupée en deux.
Il y avait un morceau qui manquait.
Et c'est violent ça aussi parce qu'on
ne sait pas ce qui nous arrive.
À l'époque, j'avais appelé mon médecin,
mon cardiologue, il m'avait dit
appelez l'ophtalmo.
J'ai appelé l'ophtalmo qui m'a dit
bah non, c'est pas moi et
j'ai appelé mon généraliste
qui m'a envoyé faire un scanner.
On a vu en effet qu'il y avait des lésions
qu'on surveille maintenant.
ça aussi c'est violent aussi,
c'est peut être presque plus violent
que le cœur parce qu'on sait que ça peut.
Enfin le cerveau c'est encore autre chose
et j'en ai fait un deuxième
ou en fait j'ai perdu
la marche, j’ai perdu
une mobilité du côté gauche.
Enfin, j'avais l'impression de marcher
dans du beurre à gauche et pareil,
ça s'est passé et en général ça dure
pas très longtemps, ça dure quelques...
Sur le moment on a l'impression
que ça dure longtemps, quelques minutes.
En fait, je pense que ça dure
pas aussi longtemps que ça,
mais c'est la sensation qu'on en a.
Et aujourd'hui,
oui, je fais clairement le lien.
Et là merci à la Tourmaline,
et à l'équipe et aux ateliers
parce que là, oui,
je suis consciente de ça
et je fais ce qu'il faut.
Je prends bien mes traitements,
mais je pense que de toutes façons, hélas,
la maladie évolue.
Bon, j'ai un cholestérol comme jamais
j'ai jamais eu.
Mon médecin, il dit extasié
zéro dix c’est extraordinaire
Effectivement c'est la même maladie.
C'est vrai que nous en atelier,
on projette un espèce de corps humain
avec plein d'artères partout
pour dire les artères sont partout.
Notre maladie, enfin la maladie dont
on parle aujourd'hui, c'est vrai que c'est
le cholestérol qui dépose dans les artères
et on en a partout.
Donc effectivement, que ce soit le cœur,
que ce soit le cerveau,
que ce soit aussi
les jambes, on peut avoir de l'artériopathie
des membres inférieurs,
ce qu'on appelle l'artérite,
qui peut donner des douleurs à la marche.
Et c'est vrai que tout ça c'est
la même maladie.
Donc aujourd'hui,
on se concentre sur le cœur
parce que c'est notre métier
et que voilà,
c'est vrai que c’est
la même chose.
Et du coup, au terme de ce deuxième
cycle, c'était quoi la différence
pour vous par rapport au premier ?
Et puis qu'est ce que vous avez
mis en place de différent
peut être ?
C'était une vraie piqûre de rappel.
Parce qu'en fait j'avais mis de côté,
toujours,
parce que la vie, les aléas de la vie,
les choses, ont fait passer
d'autres choses avant nous.
Et je m'étais sédentarisé
clairement, je n'avais plus du tout
d'activité physique ou quasiment pas,
même si je marchais un peu,
mais pas ce qui est préconisé
en effet.
Et en fait, je suis revenu à ça,
aller caser
un peu plus facilement
dans une routine quotidienne.
Je ne dis pas, je ne suis pas exemplaire,
il y a des ratés,
mais j'y
reviens, j'y reviens, c'est à dire,
voilà aujourd'hui,
c'est ce qui m'a permis de mettre en place
d'aller marcher le midi.
Quand je travaille, je mange en une demi
heure, je marche une demi heure.
S'il pleut, je reconnais, je n'y vais pas.
Je ne suis pas maso.
Après c'est particulièrement là dessus
où tout ça a beaucoup évolué.
Et puis d'ajouter du plaisir.
Je ne suis pas une sportive,
loin de là,
mais en fait ajouter autre chose.
Quand je marche chez moi,
dans ma campagne, j'écoute un livre
audio, voilà, je mets des rendez vous
qui me permettent
d’accompagner ce moment.
Et puis je suis dans la contemplation.
J'aime les paysages,
les atmosphères et moi,
c'est ce qui me permet d'allier
le plaisir à cette activité physique
qui est primordiale.
Parce que je reconnais,
j'ai fait un séjour au Canada
où on n'a fait que de la marche
parce qu'on a tout fait à pied
et quand je suis revenue,
mon cholestérol était descendu
de façon drastique.
Et en effet,
on peut très vite associer les choses
et quand on peut
faire des analyses immédiates,
c'est vrai que
ça, c'est un cercle vertueux pour le coup.
Dans l'autre sens, le but c'est ça,
c'est de mettre en place
les entre guillemets des bonnes habitudes
et surtout de faire,
et de ne pas se mettre dans des cases
en disant que je ne suis pas sortei.
Mais on s'en fiche, l'important
c'est de se dire “je fais”,
je bouge et peu importe, j'ai
pas d'étiquette, juste j'essaye
de faire du mieux que je peux.
Effectivement,
il y a des recommandations officielles
d'activités physiques
150 minutes par semaine,
ça alors oui, c'est bien,
En vrai, c'est hyper difficile de faire
150 minutes d'activité physique intense.
C'est vraiment compliqué
dans la vraie vie,
quand on travaille, il y en a qui réussissent, on peut y arriver.
Mais c'est difficile et l'important
c'est de se dire je fais
et je fais régulièrement en fait
surtout et je fais quelque chose
qui me fait plaisir, c'est le plaisir.
Je pense que la vie c'est hyper
important en fait,
parce que sinon ça dure pas dans le temps.
Si on fait un truc parce que c'est venu
là, on nous a dit que j'allais le faire,
j'ai acheté un vélo d'appartement,
c'est un vélo,
mais en fait le vélo c'est horrible,
je déteste ça.
Bon alors soit on arrive à se dire ok,
j'en fais un peu quand il pleut ou
je me mets une série,
ça passe plus vite, mais le reste du temps
je sors parce qu'en fait
j'aime pas trop ça.
Foncièrement, soit on n'aime pas ça,
et en fait on ne fait pas ça,
on trouve autre chose.
Il y a quand même
tellement de choses possibles.
Après je pense qu'il faut aussi juste
ne pas se mettre de barrières, ne pas se dire
moi ce n'est pas mon truc, ce n'est
pas fait pour moi. Faut tester et puis
voir je crois oui.
Et puis trouver
quelque chose qui déclenche
ce moment de plaisir.
Et moi j'avais découvert à l'époque
la marche nordique ici et j'ai adoré.
J'ai acheté des bâtons, j'en ai fait,
ils sont là, je pratique moins qu'avant,
mais à tout moment je sais que je peux
les prendre et que je peux partir
et que je ferai plusieurs séances
d'affilée, enfin où je serai.
Là c'est physique pour le
coup et je me fais plaisir à le faire
parce que je me régale.
J'ai fait de la salle,
c'est pas mon truc, j'ai fait de la salle
parce que c'est l'hiver
et qu'il pleut...
Enfin moi ça me fait pas rêver
mais oui, la marche dans la nature,
enfin tout ça.
Et je crois qu'il faut aussi
s'accorder un peu d'indulgence
parce que si on se met la pression,
ça ne marche pas.
Je l'ai fait et ça marche pas.
Enfin, je ne suis pas un exemple,
je parle pas pour tout le monde, mais
je témoigne de ce que ce que
je vis. Et non, je ne
maintiens pas le rythme tout le temps.
Mais aujourd'hui je le reconnais
et je me dis c'est pas grave,
ça sera mieux demain.
Voilà, je m'accorde ça
parce qu'on a les clés,
on sait ce qu'il faut faire,
on sait que si on reste trop longtemps
sans le faire, c'est plus difficile.
Mais on peut le faire, on peut.
Enfin, j'espère que je suis optimiste,
mais je.
Sincèrement, on n'est pas.
Si on ne fait pas trois jours, ce n'est
pas grave, le quatrième on peut le faire,
ça sera plus dur et le cinquième
ça sera mieux et ainsi de suite.
En fait, on y arrive.
Et oui, c'est ça, c'est se donner
des objectifs atteignables je crois.
Parce que moi, parfois,
c'est vrai que les patients me disent :
“ah tous les jours
je vais faire tous les jours
une demi heure, tous les jours une
heure...”, si vous ne faisiez pas avant...
Alors peut être c'est trop en fait,
peut être que ça va marcher une semaine,
mais peut être que je préférerais
que vous fassiez deux ou trois quoi,
deux ou trois fois une demi heure
et puis ensuite on voit.
Et parce qu'il faut vraiment quelque chose
qui puisse durer dans le temps,
parce que le risque est que sinon,
effectivement, on s'arrête
et puis on ne reprend pas
parce qu'on est découragé.
Si j'avais dit tous les jours
et puis en fait
ça fait deux jours que j'ai pas fait
et puis en fait non, en fait
j'avais dit
deux ou trois fois dans la semaine,
ça laisse quand même sur sept jours
le temps et puis et voilà.
Effectivement,
se laisser se lâcher la grappe,
c'est faire,
mais faire un truc qui nous fait du bien
et puis voilà, pas
se mettre des objectifs,
c'est pas la résolution du 1ᵉʳ janvier
quoi.
C'est vraiment se dire qu'est
ce que je peux faire dans le temps
et qui dure et qui me fasse du bien.
Et puis parfois
ça va être des choses qui vont changer
dans le temps,
qui vont être un peu différente.
Comme je dis, ça va être des modalités,
ça va être écouter un podcast
ou ça va être aller marcher
avec une copine
ou ça va être tester des trucs.
Et je crois qu'il faut aussi essayer
de tester des trucs en fait,
des trucs où on se dit
ah non ça
vous parliez de la salle,
mais je pense qu'il
y a des gens qui disent
non mais je ne vais pas
rentrer dans une salle de sport,
on va me regarder.
Moi Non, en fait faut y aller quoi,
il faut tester et puis ça se trouve
ça va vous plaire à fond.
Et puis ben en fait voilà, ça va être ça.
Et on s'en fiche des autres,
ce qu'ils en disent.
Ça, je crois que c'est quand même
vraiment important de ne pas
se mettre de barrières ni de limites
sans s’en mettre trop, non ?
Puis admettre aussi que la salle,
moi perso, j'aime pas,
je n'aime pas parce que, plein de trucs...
mais il faut admettre
que c'est bien pratique
les périodes où on a du mauvais temps,
les périodes hivernales.
Enfin perso je trouve que c'est pratique.
J'ai la chance, j'ai une petite salle
de sport associative dans ma commune.
Alors en effet, on paye un abonnement
à l'année si on y va que six mois.
Ben ouais mais bon
après tout, ben tant pis, c'est pas grave,
ça sera que six mois.
Ouais c'est ça,
faut accepter aussi de faire
des choses qui nous plaisent
un petit peu moins à certains moments,
mais en se disant bon
bah c'est pour faire quand même,
faut trouver un juste milieu.
Effectivement on adapte.
Et est ce qu'il y a d'autres choses
que vous avez mis en place ?
Je pense que vous avez parlé
tout à l'heure de vos médicaments.
C'est vrai que c'est un truc
qui survient un peu, qui plombe un peu,
c’est à dire quand on n’en prenait pas, puis on se retrouve
du jour au lendemain, souvent avec
un petit nombre.
Ouais, alors moi, ça,
j'avais mis un point d'honneur
à ne jamais oublier mes médicaments.
Pour moi, c'était hyper important
parce que je savais que ça faisait
partie du processus de soin,
même
si je savais aussi que ça serait à vie.
Alors à vis au début c'est abstrait,
au bout de dix ans,
ça commence à plus être abstrait du tout.
Et je vais l'avouer,
il m'est arrivé de dire
stop, j'en ai ras le bol,
j'ai envie de tout laisser tomber et.
Je pense que si je le fais
une journée, c'est
pas très grave
pour certains, pour d'autres,
enfin, il y a certains médicaments,
il vaut mieux éviter.
Il m'arrive
j'ai jamais fait, ça m'est jamais arrivé.
Mais ça m'a traversé l'esprit parce que.
Parce que même si c'est une routine,
enfin moi j'ai instauré un truc et
des petits rituels.
Enfin je sais, je me lève, c'est
la première chose que je fais en me levant
pour ne pas les oublier, ceux du matin.
Il m'est arrivé une fois de les oublier
et quand est arrivé le soir, je me suis dis
zut ! pas bien ! et
de toute façon j'ai pas pris.
J'ai sauté une journée, j'ai sauté
une journée, je les ai pris le lendemain.
Je reconnais que les statines
du soir, je les oublie plus facilement,
je sais pas pourquoi.
Si le soir c'est
le matin,
on fonctionne pas tous de la même façon.
Je suis une matinale,
je suis dans la dynamique,
je démarre ma journée
et ça commence par ça.
Le soir c'est pause, et pause le médicament,
il saute !
Là aussi,
j'ai vu les effets immédiats de statines
ratés, même en complément
de mon traitement.
Ben oui, le cholestérol a augmenté.
Donc le professeur m'a dit
vous voyez les effets immédiats ?
Et oui,
C'est vrai
on le dit souvent en atelier,
On a souvent un profil de gens
qui ont très peur et donc ils me disent
“non mais moi je les oublierai pas,
je les oublierai pas, c'est sûr
JAMAIS”
Oui, maintenant vous ne les oublierez
pas. Et c'est très bien.
Maintenant,
comme vous disiez, dans cinq ans,
peut être que vous allez en avoir
ras la casquette parce que
finalement je vais bien,
je vois pas l'intérêt.
Je vais bien quoi.
Donc c'est peut être derrière moi et
et vous allez peut être on dit aux gens
vous avez peut être un moment envie de
allez c'est bon j'arrête.
Alors c'est des gens
qu'on voit revenir globalement
parce que la maladie recommence
à le pardonne pas là dessus,
mais je pense que c'est là où c'est bien
d'avoir des petites piqûres de rappel
en se disant ouais en fait non, c'est
peut être pas une bonne idée finalement.
Et après je pense qu'il
y a plein de choses à faire aussi,
d'en parler vraiment à son médecin,
parce que notamment
les traitements du soir,
peut-être qu'ils en fait
ils peuvent être pris le matin
et peut être qu'en fait
il y a peut être des choses à faire
pour simplifier la vie.
Le but c'est que la vie
soit elle sera avec les médicaments,
mais qu'elle soit le moins compliqué
possible avec les médicaments,
ça c'est important et c'est important
d'en parler.
C'est vrai que nous on dit aux gens
si vous les oubliez,
si vous n'avez pas envie de les prendre,
en fait faut le dire
parce que peut être qu'on peut
s'arranger entre guillemets,
il y en aura toujours un, je veux pas.
Mais effectivement, peut être que si
le soir vous oubliez tout le temps,
peut être qu'on peut tout mettre au matin
et peut être que ce sera
un nombre plus important.
Donc ça va être pénible,
mais vous oublierez moins
et peut être plus simple pour vous
et ça va enlever de la charge mentale.
Voilà, il y a plein d'astuces comme ça,
c'est vrai qu'on donne un peu aux gens
et puis on n'a pas parlé, mais aussi
l'alimentation qui est aussi importante.
Ouais
ok oups
oui, ben moi j'aime bien manger,
j'aime bien me faire plaisir
et pas forcément avec...
Mais ce que j'ai appris
ici, c'est que rien n'était interdit.
Et ça, j'ai fait ouf !
Donc ça c'était une bonne nouvelle.
Après il y a des...
Alors en tant que fumeuse,
j'ai arrêté de fumer.
Ancienne fumeuse, j'ai
remplacé ma cigarette par autre chose,
par le grignotage du soir quand je rentre
chez moi et je sais que c'est pas super.
Alors si en été c'est bien le grignotage,
avec les tomates cerises, tout va bien.
En hiver, le paquet de chips
c'est beaucoup moins sympa
Mais bon voilà.
Ben oui, j'ai pris du poids
et après les femmes, on n'a pas de bol
oups là aussi.
Il y a un minimum à faire attention.
Mais ça, hélas, j'ai du mal à me mettre
d'autres contraintes supplémentaires.
Et alors je je me considère
que si je mange suffisamment de légumes,
ça va et je ne me prive pas.
En réalité, je ne me prive pas et
je ne veux pas me mettre cette contrainte.
Mais il faut, c'est notre message,
c'est ce que j'ai dit, c'est que l'idée
c'est qu'il n'y a pas d'interdit. Rien.
Parce que l'interdit c'est le lit
des troubles du comportement alimentaire
et rien de bon.
Donc le but c'est effectivement,
c'est du bon sens,
c'est d'avoir les messages de qu'est-ce
qui peut être bon pour mes artères,
qu'est ce qui peut être moins,
et puis d'essayer de trouver l'équilibre.
Donc voilà, c'est
surtout ça. Manger
des noix, du poisson,
même si j'aime pas ça.
Donc je me force un peu.
On les a, on a nos clés,
on les a apprises, enfin ici, vraiment
on a tout ce qu'il faut, on a les clés
en main, les outils et puis si on dérape
une fois, c'est pas très grave
et on sait exactement où aller chercher.
On a notre caisse à outils,
on a tout et on y va.
Cœur de femme Cœur de femme
Dans le prochain épisode, on parlera
d'une notion essentielle et pourtant
encore trop méconnue les facteurs de risque
cardiovasculaire spécifique aux femmes.
Est ce que vous imaginiez
qu'un diabète pendant la grossesse
indiquerait que vous seriez plus à risque
ensuite ?
Est ce que vous saviez
que la ménopause était un moment charnière
avec un risque accru
pour le cœur des femmes ?
C'est de tout cela dont nous allons parler
dans le prochain épisode avec Andelka.